Le Starter Pack ultime de l'IA, ou peut-être pas tout à fait ?

Comment une hype liée à l'IA se transforme rapidement en bruit numérique

Les tendances sur les réseaux sociaux vont et viennent à la vitesse d'un swipe. Ce qui devient viral aujourd'hui semble déjà dépassé demain. Des filtres aux formats, des danses aux visualisations de données : les tendances sont le carburant de l'ère numérique, mais elles s'épuisent souvent plus vite qu'elles ne parviennent à avoir un impact.

Un exemple récent ? Le « AI Starter Pack ». Vous vous en souvenez ? Des personnes et des marques se faisant représenter sous forme de petits personnages mignons, entourés d'objets miniatures résumant leur personnalité ou leur image de marque. Original, ludique, hyper-partageable, et soudainement partout.

LinkedIn, Instagram, newsletters : ces petits personnages ont envahi tous les fils d'actualité.
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Pour les marketeurs et les créateurs de contenu, c'était une aubaine. Sans shooting coûteux ni brainstorming stratégique, il était possible d'établir une identité visuelle reconnaissable, parfaitement en phase avec la marque. Pour les entreprises aussi, c'était un moyen intelligent de surfer sur la vague de l'IA : accessible, visuellement percutant et idéal pour nourrir l'algorithme.

Mais comme c'est souvent le cas avec les formats qui deviennent trop populaires trop vite, l'éclat a rapidement commencé à ternir. Le style est devenu prévisible, les réalisations génériques. La créativité a laissé place à la répétition. L'algorithme a pris le dessus sur le fond, et la tendance a ainsi perdu de sa force.

Ce qui avait commencé comme une approche rafraîchissante est vite devenu monotone. Et en marketing, la prévisibilité est rarement un compliment.


Serveurs en surchauffe

Parallèlement, des questions sérieuses ont commencé à émerger. Tout comme pour le filtre viral « Miyazaki », qui a acquis une notoriété similaire en générant des images dans le style caractéristique du studio japonais Ghibli, un débat a éclaté sur les droits d'auteur. Et surtout, sur l'impact écologique de cet outil populaire. Car toutes ces images générées ? Elles tournent sur des serveurs qui consomment des tonnes d'énergie et d'eau. On estime qu'une seule image générée par IA consomme entre deux et cinq litres d'eau. Au plus fort de la hype Ghibli, le PDG d'OpenAI, Sam Altman, a même parlé de « serveurs en surchauffe ». Amusant, mais aussi inquiétant.  

Il en reste une forme de fatigue numérique. Non pas vis-à-vis de l'IA en soi, car cette technologie offre encore d'immenses opportunités, mais vis-à-vis des formats superficiels qui s'épuisent rapidement. La tendance du « Starter Pack » en est l'exemple type : une hype qui a atteint son pic rapidement, pour disparaître tout aussi vite.  

Pourtant, ce n'est pas une occasion manquée, car chaque hype laisse des traces. Dans ce cas : la confirmation que les gens aspirent à de la reconnaissance, à du fun, à du contenu dans lequel ils se retrouvent. La question est simplement de savoir comment continuer à proposer cela de manière plus durable et originale, sans s'enliser dans du copier-coller ou des tendances jetables.  

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Au-delà de la hype

Place aux agences créatives et stratégiques. Au lieu de suivre constamment les hypes avec le risque de « too little, too late » et surtout trop conventionnel, il appartient aux agences de voir au-delà des tendances éphémères et du battage médiatique. Elles doivent développer des stratégies de marque distinctives et originales qui possèdent une réelle durée de vie. Un contenu en phase avec la voix du client, présenté de manière cohérente et créative dans le cadre d'un plan de communication cross-média. C'est là toute l'idée. C'est ainsi que les marques racontent leur propre histoire sur les réseaux sociaux et autres plateformes, tout en restant présentes à l'esprit grâce à des campagnes percutantes et génératrices de conversions, des sujets d'actualité originaux et… des contenus viraux. Pourquoi pas, tant que cela s'inscrit dans une vision globale.

L'IA ? Bien sûr. Mais l'IA doit être utilisée avec un objectif clair : de manière réfléchie, pertinente et durable. Les serveurs de Sam (et la calotte glaciaire de notre planète) vous en seront reconnaissants…

En d'autres termes : le Starter Pack était sympa, mais il est peut-être temps de passer au Next Pack: une communication qui n'est pas seulement créative, mais aussi riche de sens, avec une vision à long terme et une perspective d'avenir durable.

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